jeudi 23 octobre 2014

Le prix de la structurite

Je ne l'avale toujours pas, cette nouvelle. Je ne parle pas des événements survenus à Ottawa ni ceux de Saint-Jean-sur-Richelieu sur lesquels je ne dirai rien tellement tout a été écrit avec du sang ou des larmes.

Je parle du palmarès des coûts des services municipaux rendu public par les médias. Cette étude du Centre sur la productivité et la prospérité des HEC m'a littéralement renversé. Surtout au niveau des salaires et des conditions de travail.

Les cols bleus, vous savez, les employés municipaux qui ramassent les feuilles, bouchent les nids de poule, etc., gagnaient en moyenne en 2012 une rémunération de 75 699 $, avec un pic moyen s'élevant à 93 029 $ à Montréal. Un pic moyen peut signifier que certains gagnent 50 000 $ alors que d'autres gagnent 150 000 $. On parle toujours ici d'individus sans responsabilité de personnel ni de budget.

Les cadres et les contremaîtres, eux, sont rémunérés à hauteur moyenne de 130 726 $ pour l'ensemble des 766 municipalités étudiées. La métropole remporte la palme encore ici en leur versant une rémunération de 166 334 $ en moyenne. Reprenons la même formule: certains petits patrons de sous-départements reçoivent 80 000 $ pendant que des collègues sont payés un quart de million.

La Presse et Le Soleil titraient avec raison ce mardi: "Bar ouvert".

Qui plus est, ce dont on parle ici, la rémunération globale - qui comprend le salaire et les charges sociales - a connu une hausse moyenne de 5,3 % par année dans l'ensemble des municipalités depuis 2008.

Et vous, avez-vous versé aux employés de votre quincaillerie ou de votre usine des augmentations moyennes de 5,3 % depuis 2008?

La tour d'ivoire de Montréal a accordé une augmentation de la rémunération globale de ses effectifs de 12,7 % chaque année depuis quatre ans. En d'autres mots, les salaires et la valeur des avantages sociaux ont augmenté de 50 % à Montréal en cinq ans.

On se dirige vers un mur, estime le chercheur. «Les citoyens ne peuvent pas payer des augmentations de 5, 6, 7 % par année à long terme. Ce n'est pas possible. Les augmentations de taxes nécessaires pour soutenir ces hausses de salaire sont importantes. Et les citoyens n'ont pas les augmentations de revenus correspondantes.»

Il y a définitivement deux Québec. Le monde public et le monde privé. Et entre les deux, un indécent fossé.



jeudi 9 octobre 2014

Mythes sur les femmes dans la construction

Cette semaine, comme cela m'arrive parfois, je cède ma plume virtuelle à un autre dirigeant. Cette fois, il s'agit d'une dirigeante, la présidente de l'organisme Les Elles de la Construction.

Rose Fierimonte, qui gagne sa vie comme présidente de Dorbec Construction, réagit ici à la désillusion qui existe envers les perspectives d'emploi dans l'industrie québécoise de la construction pour les travailleurs féminins.


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Avec le taux d'abandon très élevé pour les femmes œuvrant dans l'industrie de la construction au Québec, les statistiques parlent. C'est très dommage… et j'espère que les futures générations de femmes n'auront pas à rencontrer autant d'obstacles.
Pour certaines femmes, l'aide d'un père, d'un frère, d'un conjoint ou d'un cousin peut faciliter l'intégration d'une femme dans un métier non traditionnel, mais il n'y a pas de garantie et malheureusement ce ne sont pas toutes les femmes qui peuvent bénéficier d'un « coup de main ».
Cependant, il y a plusieurs ELLES de la construction qui ont persévéré et réussissent malgré leur isolement et tous les défis auxquels elles continuent de faire face. Il est important de garder l'espoir que peu à peu, avec la réussite de chaque pionnière dans cette industrie, le chemin se bâtit pour les femmes toujours plus solidement. Dans d'autres provinces canadiennes, les femmes sont beaucoup mieux intégrées dans l'industrie de la construction, alors pourquoi ne pas espérer la même réussite pour les Québécoises ?
Nous osons espérer que la situation va s'améliorer au Québec et les efforts déployés par la Commission de la construction du Québec (CCQ) pour l'intégration des femmes en construction leur apporteront le support que des pionnières comme vous et moi n'ont pas eu dans le passé. Après 26 ans de carrière en construction au Québec, j'ai été témoin de changements positifs et je me réjouis de savoir que des organismes comme la CCQ veulent « donner de la force aux femmes ».
Je suis d'accord pour affirmer que le changement prend du temps… mais l'importance c'est l'avancement ! Lorsque j'ai intégré l'industrie de la construction en 1988, je n'aurais jamais pensé que la chef de la CCQ serait un jour une femme, et vous pouvez imaginer ma grande joie lorsque Mme Diane Lemieux a été nommée présidente- directrice générale de la CCQ ! Une autre grande joie a été lorsque ma collègue et amie, Isabelle Perron, a réalisé notre rêve de fonder la première association des femmes en construction : Les Elles de la construction.
Chères ELLES de la construction, soyons tenaces et avançons unies et solidaires pour prendre davantage notre place dans cette industrie.
 
Rose Fierimonte
Présidente des Elles de la construction

P.-S. Visionnez avec plaisir l'entrevue avec deux patronnes dans la construction, Caroline Laberge et Bianca Verreault-Lamothe, accordée sur la chaîne V, le 30 septembre 2014.