jeudi 8 janvier 2015

2015: optimiste malgré tout

Ma nature profonde est bousculée en ce début d'année où le froid extérieur souffle le chaud social.

Journaliste toujours, bien qu'ayant quitté ce métier il y a un quart de siècle, autant dire une éternité, je suis atterré devant l'exagération terroriste par laquelle on est rendu à assassiner même l'humour, dernier pan de la liberté, comme nous l'avait brillamment montré le film La vita e bella.

Parlant de films, j'ai vu hier Unbroken (Invincible), magnifiquement dirigé par Angelina Jolie, où le héros survit aux peurs et aux douleurs extrêmes que lui infligent la vie et les hommes. Ode à la résilience, à une certaine foi, au courage face à une certaine idéologie.

Bien que la tactique échoue depuis l'ère des conquêtes de continents jusqu'aux dernières tentatives en Irak ou en Afghanistan, on semble encore motivé à imposer aux autres notre modèle de civilisation - pourtant en crise elle-même. Ces "autres", que font-ils alors. Ils réagissent, les uns en se protégeant, les autres en attaquant. Il en résulte au mieux des dialogues de sourds, au pire des prises d'otages ensuite décapités.

Notre société malade génère à la fois la dégradation et la montée des solidarités.

En Europe, les Roms et d'autres migrants deviennent boucs émissaires. Ici, l'idéologie néo-libérale caractérisée par son manque de nuances sur le terrain va conduire à une certaine précarité de certains individus plus vulnérables, de certaines régions plus dépendantes du filet social.

Tournons la médaille de côté, voyons sa face positive. Je sens, je constate un réveil général. Sur la survivance d'un sexisme latent. Sur les dangers de la censure. Sur les risques collatéraux du caviardage d'un contrat social.

"Je ne vois pas, sinon dans l’inespéré, la lueur de l’espoir."

Cette parole d'un homme plus grand que moi, plus grand que nous, Edgar Morin*, nous fait passer de la désillusion à la confiance quand on la lit une deuxième fois. Puis on se remonte le moral et les manches d'un autre cran (jeu de mots, ici!) quand on la lit une troisième fois. Je vous laisserai donc sur elle.

* Philosophe et sociologue, Edgar Morin a résisté au stalinisme, au nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale, à la guerre d’Algérie et à bien d’autres formes de barbarie. À lire absolument pour sa clairvoyance, cette entrevue.

jeudi 18 décembre 2014

Visite étonnante d'un Home Center en Colombie

Bien qu'en vacances, en trekking dans la portion colombienne de la cordillère des Andes, je n'ai pu m'empêcher de faire un stop par un centre de rénovation de la métropole, Medellin.

On n'a rien à apprendre à la direction  de la bannière Home Center, une entreprise chilienne qui opère une trentaine de magasins, juste en Colombie.

La surface visitée de 120 000 pi ca ressemblait à un mix de Lowes / Home Depot / RONA. Tous les services  qu'attend le consommateur moderne s'y trouvaient. La configuration des départements s'articulait autour de centres de gestion de projets. S'ajoutaient un espace dédié aux ventes professionnelles et des services complémentaires, telle  une banque pour le financement et des  franchises de repas et de breuvages, histoire de faire prolonger le séjour du client en magasin. Même Western Union était présent, comme on incite nos magasins à se doter d'un tel comptoir.









Fin des  ressemblances, voyons LA différence  maintenant: un ratio employés/client de l'ordre de un pour un ! C'était saisissant d'être partout accueilli par ce personnel poli et avenant en uniforme.


Belle rencontre avec Daniel A. B. Escovar, le directeur d'un des cinq magasins de la compagnie Sodimac Corona à Medellin, en Colombie, où oeuvrent  220 employés à temps plein.








Et puisque certains lecteurs se demandent comment a par ailleurs été mon expédition dans les hauteurs, je mentionne que l'expérience a été gratifiante. Je suis grimpé dans les Los Nevados ou montagnes aux neiges éternelles. J'ai atteint le pourtour du volcanTolima s'élevant à 5 215 mètres.L'ascension et la descente ont été laborieuses en raison des pluies incessantes et de la boue accumulée. Mais la joie sereine d'atteindre le but a mis du baume sur mes douleurs et mes inquiétudes.









jeudi 4 décembre 2014

Testament!

Par Pierre Perreault
Édimestre et rédacteur en chef

Alors qu’il est allé explorer des contrées lointaines pendant quelques jours, Richard Darveau m’a prêté sa plume pour me permettre de vous témoigner de mon expérience de rédacteur en chef et édimestre à l’AQMAT en 2014.

Toutefois, c’est depuis 2011 que j’ai gravité dans l’univers AQMAT pendant des périodes de diverses durées, à titre de consultant d’abord, puis comme membre du personnel permanent au cours de la dernière année. Pendant tout ce temps, j’ai pu être témoin de l’évolution incroyable de cette organisation dont vous pourrez vivre le 75e anniversaire en 2015.


Personnellement, j’ai participé et fut un des artisans, d’une certaine façon, de plusieurs de ces changements et de ces transformations qui ont amené l’Association là où elle est maintenant, c’est-à-dire bien ancrée dans le quotidien de ses quelque 1000 membres marchands et fournisseurs. J’y ai vu se transformer le magazine Quart-de-Rond pour devenir un outil de communication et d’information d’une qualité remarquable et un produit unique dans l’industrie. J’ai été associé à l’évolution de l’lnfolettre Xpress qui, avec le site web aqmat.org, vous informent chaque semaine sur ce qui grouille et grenouille dans votre monde. J’ai participé à l’une des quelques missions à l’étranger pour vendre et promouvoir l’innovation de nos manufacturiers et distributeurs. J’ai été celui qui, depuis les 12 derniers mois, a produit des reportages pour vous permettre de perpétuer le souvenir des nombreuses activités de réseautage qui vous sont proposées. J’ai entendu et vu les membres du Conseil et le président et chef de la direction échanger et proposer des activités, des politiques et des stratégies allant toujours dans le sens de mieux défendre et servir les intérêts des membres, notamment avec le Guide de planification stratégique (GPS), un outil unique de comparaison des magasins; avec les projets de formation spécialisée; avec l’accès de plus en plus grand à des services en ligne; sans oublier la nomination d’ambassadeurs régionaux, la Tournée du Patron, le Congrès des Décideurs et la tenue du plus prestigieux événement annuel de l’industrie, le Gala Reconnaissance.


Ce fut pour moi un privilège et une fierté de faire partie de cette organisation qui n’a pas ménagé ses efforts pour toujours se rapprocher des besoins et des préoccupations de ses membres. Je tirerai ma révérence au cours des prochaines semaines, après vous avoir produit, avec ma successeure, 2 ou 3 infolettres et complété la rédaction en chef du dernier numéro de Quart de Rond de 2014.


Malgré le titre coiffant ce blog, pas question de dernières volontés en ce qui me concerne. Juste prendre le temps de s’occuper de soi-même pour prolonger le plaisir de se souvenir.

jeudi 27 novembre 2014

L'embonpoint corpo

Lucien Bouchard a pris l'habitude de dire que le problème des Québécois, c'est qu'ils ne travaillent pas assez fort. Je prends mes distances avec cette affirmation.

S'il nous accusait de ne pas bien travailler, je serais plus d'accord avec lui.

Il y a un autre adage, un peu raciste celui-là, qui soutient que pour faire un travail quelconque dans une usine ou un bureau, ça prend soit quatre Africains, trois Européens, deux Nord-Américains ou un seul Japonais.

Où le Québec se classerait-il, selon vous?

Sommes-nous aussi efficients que les New-Yorkais ou les Torontois? Ceux de mes proches qui ont travaillé là-bas en doutent. Il faut se féliciter que sous Denis Coderre, Montréal semble vouloir reprendre un certain contrôle.

La vraie question à se poser demeure de savoir si on peut accomplir un travail en utilisant moins de ressources (financières, matérielles et temporelles).

Le gouvernement Couillard s'attaque de plein front à la non-productivité de l'État et de ses tentacules parapubliques. J'ai souri ce matin en entendant qu'on ne savait pas exactement combien l'État comptait d'employés. Vous imaginez si cela devait s'avérer dans nos entreprises une telle ignorance?

En annonçant la (triste) nouvelle de la double fermeture de deux de ses trois centres de distribution au Québec, le Groupe TIM-BR MART prend le même taureau par les cornes. Une bête semblable qu'avait enfourché il nY a pas sil longtemps RONA avec les postes sabrés à son siège social, puis plus récemment, la décision de la Coop fédérée de fermer en janvier 2015 son centre de distribution de Trois-Rivières suivant son alliance avec BMR dans un but, justement, d'économie d'échelle.

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L'austérité est devenue un vilain mot depuis ces derniers jours. Il réfère pourtant à une notion de rigueur qu'on affectionne tous. Il appelle aussi à une saine gestion de ses dettes: qui peut être contre?

On est trop gros, voilà le problème. Trop nombreux à abattre un même boulot nuit. On se pile sur les pieds. On se perd en comités. On dissout le sens de l'imputabilité quand on est deux ou plus à être responsable d'une même chose.

J'ai le goût de retrouver une certaine simplicité. De fuir la bureaucratie. Lourdeur qui n'est pas l'apanage de la fonction publique. Dans nos entreprises aussi, il y a parfois de grands ménages à faire...

jeudi 20 novembre 2014

L'AQMAT recrute pour la première fois de son histoire

Il lui aura presque fallu souffler soixante-quinze chandelles à cette AQMAT pour amorcer une première offensive de membership.

Jusqu'à ce jour sont devenues membres seules les entreprises qui nous trouvaient sans qu'on les cherche.

Aucun employé ni bénévole n'avait encore été affecté à la sollicitation de non-membres.

Ce temps est à la veille d'être révolu: à compter du 1er décembre et jusqu'au 28 février, on fera campagne avec cors, trompettes et tambours, aussi appelés plus prosaïquement outil de vente, cadeau de bienvenue et représentante sur la route.

La démarche va commencer par la publication de cette annonce dans le journal Les Affaires du 29 novembre.

La pièce-charnière de l'opération prendra la forme d'une plateforme web interactive où le dirigeant pourra exprimer ses besoins d'entrepreneur et d'entreprise les plus urgents et les plus prioritaires afin d'en apprendre sur les solutions que l'AQMAT lui offre à l'égard de ceux-ci.

On se rend compte que chaque membre a ses raisons propres de devenir et de vouloir demeurer membre.

Pour l'un ce sera de profiter de notre mutuelle de prévention des accidents de travail alors que pour un autre, l'action de représentation gouvernementale permettant de défendre l'industrie suffira.

Un autre trouvera son bonheur dans les taux fixes sur Visa et MasterCard pendant que son concurrent ou collègue ne jurera que par notre rôle de média d'affaires, représenté par le magazine Quart de Rond, le Catalogue des Nouveautés et l'infolettre Xpress.

Bref, l'AQMAT possède un inventaire ample où chacun trouve chaussure à son pied. D'où la nécessité non pas d'énumérer à la queue-leu-leu les 50 produits et services au point de donner des vertiges au prospect, mais bien de créer un lien direct entre sa propre situation commerciale ou manufacturière et notre offre.


 sera un espace internet qui servira aussi aux membres pour saisir l'étendue et la pertinence de l'offre de l'AQMAT qui a quintuplé en quelques années.

Les objectifs sont ambitieux: 300 nouveaux marchands et 50 nouveaux fournisseurs avec, en corollaire, mieux informer les membres existants sur les nouveaux produits et services que nous avons développés pour eux.

À l'assaut maintenant!



vendredi 14 novembre 2014

À votre tour de leur dire bravo et merci

Vingt-deux employés et cinquante compagnies de notre communauté ont osé, je dis bien osé poser leur candidature en vue du 3e Gala Reconnaissance AQMAT.

Plusieurs autres y ont pensé et ont renoncé.

"Je suis sûre que d'autres employées que moi méritent plus de figurer dans votre concours", a-t-on entendu.

"On a fait de belles choses dans notre entreprise, mais on n'est pas le genre vantard". Ça, c'est venu souvent à nos oreilles quand on approchait un magasin ou une manufacture qui avait pourtant accompli quelque chose de génial durant l'année écoulée.

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Une chance que tout le monde n'est pas ainsi fait. Sinon, il n'y aurait pas de gala.

Or, tout secteur économique a besoin d'exemples et de belles histoires, principalement pour attirer du personnel à venir travailler dans nos quincailleries et dans nos usines. Aussi pour rassurer vos clients et insuffler de la confiance dans vos fournisseurs. Autant de raisons pour lesquelles il faut faire parler de nous, de vous, dans les médias et dans vos municipalités.

J'admire chacun de ces 72 candidats parce qu'ils se considèrent assez bons pour se comparer aux meilleurs. Exercice délicat où on craint de faire rire de soi ou de perdre son temps. Il n'en est rien. Ces personnes et ces entreprises méritent notre respect d'abord pour avoir osé quitter les gradins et sauter sur la patinoire.

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Votre tour est venu de leur accorder cinq minutes de votre temps en lisant leur nom et le résumé de leur parcours sur le bulletin de vote qu'on vous a envoyé il y a quelques jours. Les marchands ont reçu le bulletin listant les candidatures de fournisseurs alors que ces derniers ont reçu celui pour voter sur les dossiers déposés par des marchands.

Le scrutin se termine le 21 novembre. Une paire de billets de gala (valeur de 500 $) sera tirée parmi tous les participants au vote.

Si vous n'êtes pas sûr d'avoir reçu votre bulletin de vote électronique par courriel, écrivez-nous à information@aqmat.org et on vous renverra le lien.

jeudi 6 novembre 2014

Abuseurs publics dénoncés

Il me faut ajouter ma voix. Tout le monde en parle tant. Pourquoi pas moi aussi.  Je parle de l'abus que font certains de leur pouvoir.

Des profiteurs. Sans trop de scrupules. À l'affût. Aptes à s'insérer par une faille pour n'en sortir qu'à leurs conditions. Des stratèges qui dictent leurs volontés à l'autre partie, captive, soumise.
Je parle de l'abus de la confiance que d'autres ont mis en ces gens qu'on croyait du service public. Qu'on croyait partenaires. Qu'on croyait, point.

Les abuseurs publics n'ont franchement rien de drôle.

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Ne me méprenez pas sur mes intentions.

Je ne suis pas en train de livrer mes états d'âme sur l'affaire Gian Gomeshi, l'animateur vedette de Radio-Canada anglais, mis à pied pour des rumeurs de harcèlement sexuel qui s'approchent de plus en plus du criminel à mesure que les témoignages de victimes présumées sortent de l'ombre.

Commenter le comportement appréhendé des deux députés libéraux à l'égard de deux députéEs néo-démocrates n'est pas non plus de mon ressort. Du moins, pas ici, à la maison peut-être, entre amis, pas comme blogueur corporatif.

Non, ce qui m'intéresse dans l'actualité de la semaine courante réfère plutôt à la forme de mea culpa de Visa et MasterCard.

Après avoir abusé publiquement et effrontément de leur statut de duopole face à des marchands protégés par aucune loi et ce, depuis des décennies, voilà que, sentant la soupe bouillir, les deux multinationales acceptent volontairement, en même temps, mais indépendamment l'une de l'autre - c'est fou comment le pur hasard peut parfois faire arriver les choses - de réduire de 10 % les frais exigés des détaillants sur chaque transaction par carte de crédit. Lire à ce sujet notre article.

Pour arriver à pousser Visa et MasterCard à lâcher le capitalisme sauvage pour commencer à s'inscrire dans des relations d'affaires motivées par la pérennité de toutes les parties prenantes, il aura fallu dénoncer et dénoncer encore. La démarche a pris forme au Conseil québécois du commerce de détail en 2011 et en parallèle au Retail Council of Canada. L'AQMAT a dès le début emboîté le pas.

Lettres, pétitions, conférences de presse, représentations au niveau provincial comme aux deux chambres du fédéral n'ont eu de cesse que lorsque le gouvernement du Canada s’est engagé à négocier un contrat social avec les émetteurs de cartes de crédit, entente appelée Code volontaire.

Trois ans d'efforts et qui n'arrêtent pas avec l'annonce de cette semaine. Il faudra surveiller nos billes, lire entre les lignes de nos factures de transactions de cartes de crédit afin de s'assurer que les réductions promises soient livrées dans les faits.

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Un abuseur continue tant qu'il n'y a pas de plainte. Il mise d'ailleurs sur ce silence. Ce n'est que lorsque la plainte devient déferlante qu'il est forcé de changer.

On peut se féliciter d'avoir amené Visa et MasterCard à réviser à la baisse leurs tarifs moyens. Belle bataille, sans perdre de vue que la guerre à gagner consiste ultimement à nous charger un tarif FIXE, peu importe la couleur de la carte de crédit. Le marchand n'a pas à voir sa marge bénéficiaire fluctuer selon qu'un consommateur paie avec une carte normale ou platine à points.

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Impossible de ne pas déborder du cadre corporatif de ce blogue sans enjoindre toutes les femmes victimes d’agresseurs à se faire entendre et à se faire voir sur #AgressionNonDénoncée.